20/02/2017 - Lifestyle

PAR Olivier Maloteaux

Les demoiselles de Brooklands

Ce fut les premières conductrices du dimanche... Mais au sens premier du terme.

Celles qui chevauchaient leur monture le dernier jour de la semaine. Pas pour la balade, mais pour la course. C’était avant-guerre, en Angleterre.

PAR Olivier Maloteaux

Les demoiselles de Brooklands

Ce fut les premières conductrices du dimanche... Mais au sens premier du terme.

Celles qui chevauchaient leur monture le dernier jour de la semaine. Pas pour la balade, mais pour la course. C’était avant-guerre, en Angleterre.

Longines World’s Best Racehorse

Berceau mythique du sport mécanique, le circuit de Brooklands a assumé sa part de féminité... Une dame en particulier a même contribué à l’édification du lieu. Son nom : Ethel Locke King. Elle a soutenu son mari dans le projet de construction de cette piste, dont les travaux ont débuté en 1906. L’idée a germé en réaction au Motor Act de 1903, cette loi qui imposait aux automobiles circulant sur la voie publique une limitation de vitesse à 20 mph, soit 32 km/h.

Hugh Locke King a alors estimé que, pour poursuivre son développement et sa quête de vitesse (afin de ne pas se faire doubler par les modèles français…), l’automobile britannique devait évoluer en terrain fermé. Il fit alors bâtir cette piste ovale de 2,75 miles (4,4 kilomètres), revêtue de béton brut et ponctuée de virages inclinés. Un projet qui lui a coûté à l’époque 100.000 Livres Sterling (soit environ 16 millions de Livres actuelles) et qui a épongé toute sa fortune… C’est néanmoins avec le sourire que, le 17 juin 1907, Hugh prit place en passager à bord de l’Itala décapotable pilotée par sa femme, pour inaugurer ce fameux circuit de Brooklands, situé dans le comté de Surrey, au Royaume-Uni. C’est donc une femme qui a mené la danse lors de cette session inaugurale. Un signe prémonitoire ? Peut-être.

Longines World’s Best Racehorse

Un règlement leur interdisait la participation aux compétitions. Les hommes justifiaient cet ostracisme en prétextant qu’il n’y avait pas non plus de… femme jockey dans le monde hippique

La conquête des femmes pilotes

Ceci dit, à l’époque, les femmes n’étaient pas les bienvenues en course. Un règlement leur interdisait la participation aux compétitions. Les hommes justifiaient cet ostracisme en prétextant qu’il n’y avait pas non plus de… femme jockey dans le monde hippique. Un argument léger, qui vola en éclat en 1908. L’interdiction prit fin et la course allait alors progressivement s’ouvrir aux femmes sur le circuit de Brooklands, d’autant que celui-ci fut géré par Ethel Locke King à la mort de son mari, en 1927.

Les années 30 furent donc une période de gloire pour les femmes pilotes à Brooklands. On croisait dans les paddocks ces drôles de dames qui portent la culotte et se coiffent d’un casque à jugulaire, mais qui peignent toujours leurs lèvres... Cette touche de douceur dans un monde de brutes ne masquait pas la réelle hardiesse de ses femmes, qui ne craignaient pas de franchir la « Fifty Foot Line », cette bande noire discontinue tracée dans le creux des virages et au-delà de laquelle les pilotes pouvaient théoriquement lâcher le volant tout en restant scotchés au bitume par l’effet de la force centrifuge. En piste, ces dames couraient avec et contre les hommes, mais se livraient aussi une féroce bataille entre elles. Au-delà de leur élégance et d’une apparente frivolité, les demoiselles de Brooklands avaient donc un caractère bien trempé…

Longines World’s Best Racehorse

Longines World’s Best Racehorse

Longines World’s Best Racehorse

Longines World’s Best Racehorse

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Photos par Fondation Amelia Earhart

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