12/04/2017 - Portraits

PAR Nathalie Marchal

Jos Kumps

Obtenir les meilleures performances

Jos Kumps est entraîneur depuis plus de quarante ans. Et derrière une attitude extrêmement posée, on décèle le fil d’une existence qui est plus qu’une carrière : celle d’une discipline de vie choisie, d’une volonté qui conduit à l’excellence, et d’une maturité qui s’est façonnée jour après jour.

Longines World’s Best Racehorse

Et pourtant, au départ, rien ne le prédestinait à cette destinée de cavalier hors pair. Alors pourquoi a-t-il choisi de faire sa vie avec les chevaux ? N’étant pas issu d’un milieu ni d’une famille où l’on pratiquait les sports équestres, il s’est vraiment agit d’un choix délibéré. « Le virus m’a pris quand j’avais 11 ans », explique-t-il posément. Et la passion fut tout de suite au rendez-vous. Il dut « faire son chemin » par lui-même pour pouvoir monter, et lorsqu’il fut en âge, alla se former pendant 2 ans en Angleterre, dans un centre d’entraînement. Revenu en Belgique, il fit le choix de devenir cavalier-entraineur free-lance, et évolua très vite dans les plus prestigieuses écuries. « J’ai eu rapidement l’occasion de travailler avec des cavaliers de très haut niveau et de toutes les nationalités », évoque-t-il.

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Jour après jour

« Mais les raisons qui me motivent ne sont pas les mêmes aujourd’hui qu’il il y a dix, vingt ou quarante ans », poursuit-il. Quel est alors le fil rouge d’un tel parcours ? Quels sont les fondamentaux qui continuent de régir sa ligne de conduite ? S’il ne fait plus lui-même de compétitions, c’est tout le travail « en amont » qui forge cette passion dont les années ont façonné le ressenti. Et de fait, il continue de monter quotidiennement, à raison de 4 heures, 8 heures, parfois 10… « Monter jusqu’à dix chevaux par jour quand on a mon âge et quand on l’a déjà fait tant de fois, ce n’est juste pas possible si on n’en ressent pas le plaisir et la satisfaction », confie-t-il. Et ce plaisir, cette satisfaction, sont sans nul doute induits par la dimension de « maîtrise » qui revêt ici tout son sens. « C’est une forme de recherche continuelle, d’autonomie, qui ne doit pas nécessairement être approuvée par les autres ». Quand l’adrénaline des concours n’alimente plus la passion et que son influx ne rythme plus la cadence des sauts d’obstacle, c’est donc le plaisir de la maîtrise pour elle-même, et au delà de tout, qui rayonne dans toute son amplitude. « Cela n’a plus le côté spectaculaire, mais c’est très riche ».

Longines World’s Best Racehorse

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Faire sortir le talent

Et le pousser à s’exprimer de manière optimale, voilà ce qui caractérise le profil de cet entraîneur de renom qui pousse l’exigence à son parangon. Basé aux Ecuries d’Ecaussinnes mais travaillant aussi un peu partout dans le monde, Jos Kumps partage donc son temps entre l’enseignement et le travail des chevaux : donner des cours et diriger des stages d’une part, monter lui-même afin de travailler les chevaux de ses clients de l’autre. Il aide également ses deux fils qui gèrent chacun un groupe de chevaux appartenant à des propriétaires. « J’ai des clients à qui je ne donne pas de leçons, je travaille leurs chevaux », explique-t-il. Et les leçons proprement dites ? Avec des cavaliers de très haut niveau, il explique qu’il ne s’agit plus de leçons formelles. « On travaille à un autre niveau, mais dans une approche qui peut quand même encore les aider au niveau technique ». Avec beaucoup de modestie, il attribue cet apport à son expérience. « C’est parce que j’ai le double de leur âge et que j’ai l’habitude », sourit-il en insistant sur la dimension revêtue par la formation, qui permet entre autres d’amener le cavalier et son cheval à surmonter les difficultés et à franchir tous les obstacles.

Longines World’s Best Racehorse

Effet miroir

Et quand on demande à Jos Kumps de nous parler des chevaux, il évoque leur caractère, et surtout leur mémoire : « ils se souviennent de tout ce qui s’est passé ! ». Arrive-t-il à corriger l’effet d’une expérience perçue comme négative par le cheval ? « On essaie par différentes approches, on joue sur l’expérience », dit-il comme si toute cette maîtrise évoquée défilait devant ses yeux. « En fait on devient de plus en plus humble », confie-t-il alors. « Et on simplifie aussi beaucoup ». Nous livrerait-il là le vrai sens de la discipline ? « La discipline, ce n’est pas ce concept difficile, contraignant et poussiéreux qui décourage les jeunes. Non, c’est quelque chose que l’on choisit soi-même librement, et auquel on décide de se plier tous les jours ». Et là, il y a un effet miroir, car on peut se mentir à soi-même, mais le cheval ne ment pas. « C’est un reality check », insiste-t-il. En équitation, on parle des aides : ce que l’on fait avec la jambe, la main, la voix, ou le poids, notamment, pour ‘aider’ le cheval à faire ce qu’on lui demande, qu’il s’agisse de dressage ou de saut d’obstacle. « Et quand on rencontre une difficulté, toute la question et de voir en quoi on n’est pas capable d’aider le cheval. On a par exemple fait un mauvais choix, ou on a été trop ambitieux. Alors, soit il faut diminuer les exigences, soit augmenter sa capacité, ou les deux ».

« La discipline, c’est le libre choix de se confronter tous les jours non seulement à son cheval, mais aussi à soi-même ».

La peur positive

« Je suis quelqu’un qui a très peur des chevaux », nous surprend Jos Kumps, « mais pas de manière négative. Je sais ce qu’ils peuvent faire, et. quand je donne cours, par exemple, je fais très attention à tout, parce qu’un cheval peut ruer, ou qu’un cavalier peut toucher là où il ne faut pas avec son éperon ».

Le saut d’obstacles

Pour Jos Kumps, essentiellement entraîneur pour le saut d’obstacles, la gymnastique avec le cheval est très importante. « Pour moi, un parcours d’obstacles est à comparer avec un circuit dans un gymnase. Le cheval doit être considéré comme un gymnaste, parce qu’il doit sauter, aller à gauche, à droite, cela doit être très symétrique. Une grande partie de la gymnastique consiste à améliorer cette symétrie pour aller vers une plus grande rectitude. Au départ, le poulain n’est pas symétrique, il faut l’entraîner. C’est très important, et assez subtil. Cela revient à prendre les choses vraiment à la base, ce qui évite aussi les problèmes a posteriori, mais il faut de la patience et cela prend du temps. Un cavalier est comme un architecte, il fait travailler le cheval d’une manière qui développe bien certains muscles, et pas trop certains autres », conclut-il.

« Le cheval est un véritable système d’alarme, grâce à son champ de vision extrêmement étendu et son odorat très développé ».

Longines World’s Best Racehorse

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